Fleurs françaises ou importées : quelles différences ?

Fleurs françaises ou importées : quelles différences ?

Quand on achète un bouquet ou des fleurs séchées, on regarde souvent les couleurs, les variétés ou le prix. Beaucoup plus rarement leur origine. Pourtant, derrière deux fleurs qui semblent similaires se cachent parfois des histoires très différentes : plusieurs milliers de kilomètres de transport, une culture sous serre chauffée, des pratiques difficiles à connaître… ou, au contraire, une fleur cultivée en France, au rythme des saisons, par un producteur que l’on peut identifier.

Aujourd’hui, environ 85 % des fleurs vendues en France viennent de l’étranger. Ce chiffre nous semble d’autant plus étonnant que la France possède une histoire horticole, des terroirs variés et des producteurs capables de proposer une grande diversité de fleurs.

Chez Terralya, nous avons fait le choix de cultiver et de sécher nos fleurs dans le Gers. Nous ne prétendons pas qu’une fleur est parfaite simplement parce qu’elle est française. Mais connaître son origine, son mode de culture et la personne qui l’a produite change profondément ce que l’on achète.

À retenir
  • Environ 85 % des fleurs vendues en France sont importées.
  • Une fleur française permet généralement une meilleure traçabilité et soutient directement la filière horticole locale.
  • Le bon réflexe consiste à regarder ensemble l’origine, la saison, le mode de culture et les conditions de transport.
  • Chez Terralya, nos fleurs sont cultivées en France, dans le Gers, selon les principes de l’agriculture biologique, puis séchées naturellement à la ferme.

1. Une fleur importée, qu’est-ce que cela signifie vraiment ?

Une fleur importée est une fleur cultivée hors de France avant d’être acheminée jusqu’à son lieu de vente. Une grande partie transite par les Pays-Bas, qui occupent une place centrale dans le commerce floral européen. Mais cela ne signifie pas forcément qu’elle y a poussé. Elle peut avoir été cultivée aux Pays-Bas, mais aussi au Kenya, en Éthiopie, en Équateur ou en Colombie, puis être passée par les marchés néerlandais avant d’arriver en France.

Le parcours est donc parfois difficile à reconstituer. Et contrairement à ce que l’on fait naturellement pour les fruits, les légumes ou le vin, nous pensons encore peu à demander où les fleurs ont été cultivées.

Ce manque de visibilité concerne aussi les fleurs séchées. Leur longue conservation peut donner l’impression que leur origine est moins importante. Pourtant, avant d’être séchée, chaque tige a bien dû être semée ou plantée, cultivée, récoltée, préparée et transportée.

2. Pourquoi importe-t-on autant de fleurs en France ?

Le marché de la fleur s’est largement mondialisé. Les circuits internationaux permettent de proposer toute l’année les mêmes variétés, dans des volumes importants et à des prix très compétitifs.

Nous nous sommes ainsi habitués à trouver des roses rouges en février, des pivoines hors saison ou des fleurs identiques quelle que soit la période de l’année. Cette disponibilité permanente paraît pratique, mais elle déconnecte peu à peu la fleur de son cycle naturel.

Produire en France implique de composer avec le climat, les saisons, les aléas et le temps nécessaire à chaque plante. Une fleur locale ne peut donc pas toujours répondre aux mêmes logiques de standardisation ou de disponibilité immédiate. Elle propose autre chose : une diversité qui évolue au fil des mois, des formes parfois moins uniformes et une véritable identité.

3. Fleurs françaises et fleurs importées : quelles sont les principales différences ?

L’origine et la traçabilité

Avec une fleur française achetée directement auprès d’un producteur ou d’un professionnel engagé, il est plus facile de savoir où elle a poussé et comment elle a été cultivée.

Dans les circuits d’importation, le pays par lequel la fleur a transité n’est pas toujours son pays de culture. La traçabilité peut donc être plus complexe. Or, connaître l’origine réelle d’une fleur permet de faire un choix plus éclairé.

La saisonnalité

Une production locale suit davantage le rythme naturel des fleurs. Il n’y aura pas les mêmes variétés au printemps, en été ou en automne, et c’est justement ce qui en fait la richesse.

Pour les fleurs séchées, la saison se remarque moins au moment de l’achat puisqu’elles se conservent longtemps. Elle reste pourtant essentielle dans notre travail : nous semons, cultivons et récoltons chaque variété au bon moment, puis le séchage nous permet de la proposer bien au-delà de sa période de floraison.

Le mode de culture

L’origine française ne suffit pas, à elle seule, à tout dire du mode de production. Une fleur locale peut être cultivée selon différentes pratiques, tout comme toutes les fleurs importées ne sont pas produites de la même manière.

Il faut donc regarder plusieurs critères : culture en plein champ ou sous serre, serre chauffée ou non, utilisation de produits phytosanitaires, gestion de l’eau, respect du sol et saison de production.

C’est pour cela que, chez Terralya, nous ne mettons pas seulement en avant le « cultivé en France ». Nos fleurs sont également certifiées biologiques, cultivées dans le Gers et séchées naturellement sur notre ferme.

Le transport et l’empreinte environnementale

Une fleur importée peut parcourir des milliers de kilomètres, parfois en avion, avant d’arriver en France. À ce transport s’ajoutent la réfrigération, les emballages et les différentes étapes logistiques.

Mais il faut rester précis : le transport n’est pas le seul élément qui détermine l’impact environnemental d’une fleur. Une culture sous serre fortement chauffée peut aussi peser lourd dans son bilan. La comparaison la plus juste n’est donc pas simplement « France contre étranger », mais plutôt une fleur locale, de saison et cultivée avec des pratiques responsables face à une fleur produite loin, hors saison et avec peu de traçabilité.

Le soutien à une économie locale

Choisir une fleur française, c’est aussi rémunérer le travail réalisé ici : celui des producteurs, des saisonniers, des artisans fleuristes et de tous les professionnels de la filière.

Cet achat contribue à maintenir des fermes, des emplois, des paysages cultivés et des savoir-faire qui risqueraient autrement de disparaître. Derrière une botte de fleurs locales, il y a des semis, des plantations, du désherbage, des récoltes souvent manuelles, du tri et beaucoup de temps passé à observer la plante.

4. Une fleur française est-elle forcément plus écologique ?

Pas automatiquement. Et il nous paraît important de le dire.

Le pays d’origine est un repère essentiel, mais il ne raconte pas tout. Une fleur française produite hors saison dans une serre très chauffée ne présente pas le même bilan qu’une fleur française cultivée en plein champ. De la même façon, les pratiques agricoles et la distance parcourue varient beaucoup d’une exploitation à l’autre.

Pour faire un choix cohérent, on peut se poser quatre questions simples :

  1. Où cette fleur a-t-elle réellement été cultivée ?
  2. Est-elle de saison ?
  3. Selon quelles pratiques a-t-elle été produite ?
  4. Peut-on identifier le producteur ou la filière qui se trouve derrière ?

La fleur française devient particulièrement intéressante lorsqu’elle est locale, de saison, traçable et cultivée de manière responsable.

5. Le Collectif de la Fleur Française : remettre l’origine au cœur du bouquet

Nous sommes membres du Collectif de la Fleur Française, une association au service de la fleur locale et de saison.

Le Collectif réunit des producteurs, des fleuristes et d’autres professionnels engagés dans la relocalisation de la filière. Il cherche à soutenir une agriculture plus responsable, à encourager les savoir-faire français et à faire évoluer les habitudes de consommation.

Il a également créé un annuaire permettant de trouver plus facilement les professionnels engagés près de chez soi. Son travail est important, car on ne peut pas choisir français si l’on ne sait pas où trouver les producteurs et les fleuristes qui défendent cette démarche.

Être membre du Collectif correspond pleinement à notre vision : montrer qu’il est possible de cultiver des fleurs en France, de proposer une vraie diversité et de recréer un lien entre la terre, le producteur, le fleuriste et la personne qui recevra le bouquet ou réalisera sa création.

« Remettre l’origine au cœur du bouquet, c’est aussi redonner toute sa valeur au travail de celles et ceux qui cultivent les fleurs. »

6. Chez Terralya, que signifie produire des fleurs françaises ?

Chez nous, dans le Gers, tout commence dans les champs. Nous choisissons nos variétés, nous semons, nous plantons, nous observons et nous récoltons chaque fleur au stade qui nous semble le plus adapté au séchage.

Puis vient tout le travail de préparation : les tiges sont regroupées, suspendues dans notre séchoir, surveillées, triées et conditionnées. Certaines variétés nous donnent beaucoup de satisfaction ; d’autres nous obligent à recommencer, à adapter nos dates de semis ou à revoir notre manière de récolter. Produire localement, c’est aussi accepter cette part de réalité.

Nos fleurs ne font pas des milliers de kilomètres avant d’être séchées. Elles passent directement de nos parcelles à notre séchoir. Ce circuit très court nous permet de maîtriser chaque étape et de vous expliquer précisément comment elles ont été produites.

Nous cultivons des annuelles, des vivaces, des graminées, des feuillages et de nombreuses variétés choisies pour leur tenue une fois séchées. Cette diversité nous permet de montrer que la fleur française ne se limite pas à quelques espèces : elle peut être douce, colorée, champêtre, graphique ou très contemporaine.

7. Comment choisir plus facilement des fleurs françaises ?

Il n’est pas nécessaire de tout changer du jour au lendemain. Quelques réflexes permettent déjà de mieux choisir :

  • demander au fleuriste ou au vendeur le pays réel de culture ;
  • privilégier les fleurs de saison lorsqu’il s’agit de fleurs fraîches ;
  • rechercher les producteurs locaux et les professionnels membres du Collectif de la Fleur Française ;
  • regarder les labels et les informations données sur le mode de culture ;
  • accepter que toutes les variétés ne soient pas disponibles toute l’année ;
  • pour les fleurs séchées, vérifier qu’elles ont bien été cultivées en France et pas uniquement assemblées ou conditionnées en France.

Ce dernier point est important : les mentions « fabriqué en France » ou « composition réalisée en France » ne signifient pas toujours que les fleurs elles-mêmes ont poussé en France.

Notre conseil de producteurs

N’hésitez jamais à poser la question de l’origine. Un professionnel qui connaît ses fleurs doit pouvoir vous expliquer d’où elles viennent, qui les a cultivées et, idéalement, comment elles ont été produites.

En résumé

Entre une fleur française et une fleur importée, la différence ne se voit pas toujours au premier regard. Elle se trouve dans son parcours, sa traçabilité, sa saison, son mode de culture et dans les personnes que son achat permet de faire vivre.

Choisir des fleurs françaises ne signifie pas rechercher une perfection absolue ni culpabiliser à chaque bouquet. C’est simplement remettre un peu de cohérence et de transparence dans un achat que l’on fait justement pour apporter de la beauté.

Chez Terralya, nous essayons à notre échelle de montrer qu’une autre voie est possible : cultiver en France une grande diversité de fleurs, selon les principes de l’agriculture biologique, les sécher naturellement et vous permettre de savoir exactement d’où elles viennent.

Parce qu’une fleur est encore plus belle lorsque l’on connaît son histoire.