Pourquoi les fleurs séchées coûtent-elles ce prix ?

récolte manuelle fleurs

« Pourquoi les fleurs séchées coûtent-elles si cher ? » La question est légitime. Lorsque l’on regarde une botte terminée, il est difficile d’imaginer les mois de travail qu’elle représente.

Chez Terralya, dans le Gers, nous cultivons nous-mêmes nos fleurs. Avant d’arriver dans un bouquet ou une création, chaque tige a été semée, surveillée, désherbée, récoltée, mise en botte, séchée, triée puis préparée à la main.

Nous avons donc eu envie de vous montrer l’envers du décor et de vous expliquer, avec notre regard de producteurs, ce qui compose réellement le prix d’une fleur séchée française.

1. Tout commence plusieurs mois avant la récolte

Le prix d’une fleur séchée ne commence pas au moment où elle est coupée. Il commence bien avant, avec la préparation du sol, les semis, les plantations et tous les soins apportés aux cultures pendant plusieurs mois.

Il faut choisir les variétés, acheter les graines ou produire les plants, préparer les parcelles, installer l’irrigation lorsque cela est nécessaire, surveiller la météo et intervenir au bon moment. Certaines fleurs germent facilement, d’autres demandent plusieurs essais. Certaines années, une culture est magnifique ; d’autres fois, la chaleur, la pluie, le vent ou les ravageurs réduisent fortement la récolte.

Une fleur séchée reste avant tout un produit agricole. Son prix intègre donc aussi le temps consacré à des fleurs qui, parfois, ne pourront finalement pas être commercialisées.

2. En agriculture biologique, nous désherbons à la main

Notre ferme est certifiée en agriculture biologique. Nous n’utilisons donc pas d’herbicides chimiques pour garder nos rangs propres.

Chez nous, le désherbage représente énormément d’heures de travail. Nous passons dans les parcelles à la main, parfois plusieurs fois au cours de la saison, pour permettre aux fleurs de se développer sans être étouffées par les herbes.

Malgré cela, les rangs ne sont jamais parfaitement propres. Cette végétation rend ensuite la récolte plus lente : il faut repérer les bonnes tiges au milieu des herbes, les dégager avec précaution et éviter d’abîmer les fleurs voisines.

Notre réalité de producteurs : un champ cultivé en bio n’est pas un décor parfaitement net. Derrière chaque rang, il y a de nombreuses heures passées à désherber et à entretenir les cultures manuellement.

3. La récolte manuelle est l’étape la plus longue

C’est probablement ce que l’on imagine le moins en achetant une botte : chez nous, les fleurs sont récoltées à la main, tige par tige.

Nous ne pouvons pas simplement couper toute une parcelle en une seule fois. Pour obtenir une belle fleur séchée, il faut récolter chaque variété au bon stade. Et, sur une même plante ou dans un même rang, toutes les tiges ne sont pas prêtes le même jour. Nous revenons donc régulièrement au même endroit pour ne choisir que celles qui sont arrivées au bon moment.

Certaines tiges sont hautes et faciles à attraper. D’autres sont beaucoup plus fines, courtes ou cachées dans l’herbe. Il faut alors les chercher, les saisir une par une, les couper, les rassembler puis constituer les bottes.

Pour certaines fleurs, nous récoltons à peine 20 bottes par heure. Et ce temps ne comprend pas encore toute la préparation qui suit.

Cette récolte précise est pourtant essentielle. Une fleur coupée trop tôt risque de manquer de tenue ; récoltée trop tard, elle peut perdre ses pétales ou sa couleur. Nous vous expliquons ce point plus en détail dans notre article sur l’importance du stade de récolte pour réussir ses fleurs séchées.

« Une botte terminée peut sembler toute simple. Pourtant, chacune de ses tiges est passée entre nos mains. »

4. Après la récolte, le travail continue

Une fois les fleurs coupées, elles doivent rapidement être préparées pour le séchage. Nous retirons certaines feuilles, alignons les tiges, formons des bottes adaptées à chaque variété puis les attachons avant de les suspendre.

Les bottes ne doivent pas être trop épaisses, au risque de mal sécher. Elles doivent également être espacées pour que l’air circule correctement. Pendant toute la durée du séchage, nous surveillons leur évolution et les conditions dans le bâtiment.

Lorsque les fleurs sont sèches, il reste encore à les décrocher, les contrôler, les trier, les stocker puis les préparer en fonction des commandes. Toutes ces étapes demandent du temps et beaucoup de manipulations délicates.

5. Un véritable séchoir représente un investissement important

Pour faire sécher des fleurs dans de bonnes conditions et préserver au mieux leur forme, leur tenue et leurs couleurs, il ne suffit pas de disposer d’un simple hangar.

Chez Terralya, nous avons fait le choix d’investir dans un véritable bâtiment dédié au séchage. Notre séchoir a été entièrement isolé afin de mieux maîtriser les conditions à l’intérieur et de protéger les fleurs des variations importantes de température et d’humidité.

Ce bâtiment, son aménagement et les équipements nécessaires représentent un investissement conséquent. À cela s’ajoutent son entretien, l’énergie utilisée et tout le matériel permettant de suspendre, déplacer et stocker plusieurs milliers de bottes.

On ne voit pas cet investissement dans la botte une fois qu’elle est posée sur une table. Pourtant, il joue un rôle essentiel dans sa qualité finale et fait naturellement partie de son coût de production.

6. Nous devons aussi tenir compte des pertes

Nous travaillons avec du vivant et il est impossible de tout prévoir. Une pluie au mauvais moment peut coucher les tiges. Une période de forte chaleur peut accélérer la floraison. Une attaque de ravageurs ou une maladie peut abîmer une partie d’une parcelle.

Il existe aussi des pertes au moment du séchage et du tri : certaines tiges sont trop courtes, trop fragiles, abîmées ou ne présentent pas une tenue suffisante pour être vendues.

Produire des fleurs séchées françaises, ce n’est donc pas seulement compter les bottes qui arrivent jusqu’à la boutique. C’est également intégrer tout le travail réalisé sur celles que nous ne pourrons pas proposer.

7. Le prix dépend aussi de l’origine et du mode de production

Toutes les fleurs séchées vendues en France n’ont pas été cultivées en France. Certaines ont parcouru des milliers de kilomètres et proviennent de filières dont les conditions de culture, de récolte et de rémunération sont très différentes.

Choisir des fleurs cultivées en France auprès d’un producteur, c’est rémunérer un travail agricole réalisé ici, avec les coûts, les règles et les engagements qui l’accompagnent. Dans notre cas, cela signifie aussi soutenir une ferme certifiée en agriculture biologique et un travail très largement manuel.

L’origine n’est pas le seul critère de qualité, mais elle permet de savoir qui a cultivé les fleurs et comment elles ont été produites. Pour aller plus loin, vous pouvez lire notre article : Fleurs séchées bio : qu’est-ce que cela change vraiment ?

Le conseil Terralya : lorsque vous comparez deux bottes, ne regardez pas uniquement leur prix. Pensez aussi à vérifier leur origine, leur nombre de tiges, leur longueur et leur mode de production.

8. Une fleur séchée se conserve longtemps

Le prix d’achat d’une fleur séchée peut sembler plus élevé que celui d’une fleur fraîche. Mais ces deux produits ne s’utilisent pas de la même manière.

Une fleur fraîche accompagne généralement quelques jours. Une fleur séchée peut rester belle pendant de longs mois, et souvent plusieurs années, lorsqu’elle est conservée dans de bonnes conditions : à l’abri de l’humidité et d’une exposition directe et prolongée au soleil.

Elle peut servir dans un bouquet, puis être réutilisée dans une couronne, une fiole, un cadre ou une autre création. Il n’est pas nécessaire de la remplacer chaque semaine et elle ne demande ni eau ni entretien particulier.

Rapporté à sa durée de vie, son prix prend donc un autre sens.

En résumé : derrière une botte, il y a beaucoup de temps et beaucoup de mains

Le prix d’une botte de fleurs séchées françaises ne correspond pas uniquement aux quelques tiges que l’on tient entre ses mains.

Il comprend des mois de culture, le désherbage manuel de nos parcelles bio, une récolte minutieuse tige par tige, la préparation des bottes, leur séchage, leur tri et leur stockage. Il participe aussi au financement d’un bâtiment entièrement isolé, conçu pour préserver les fleurs dans de bonnes conditions, ainsi qu’aux investissements nécessaires pour faire vivre notre ferme.

Nous savons qu’une botte de fleurs séchées représente un budget. Mais elle porte aussi une histoire : celle d’une graine semée dans le Gers, d’une fleur cultivée et récoltée à la main, puis préparée avec soin pour pouvoir vous accompagner longtemps.

Et c’est sans doute cela qui est le plus beau : après tous ces mois de travail, la fleur ne disparaît pas au bout de quelques jours. Elle continue de vivre chez vous pendant des mois, parfois même pendant des années.

Découvrir nos fleurs séchées françaises